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LES ENFANTS COURENT PIEDS NUS

Au delà de la puissance féminine

A ce moment ou mes mains se posent sur le clavier j’ai l’impression de comprendre la femme que je suis.

Longuement formatée depuis l’enfance à des principes féministes portés par ma grand-mère, je me suis perdue à ne plus savoir comment être femme. Les femmes doivent-elles être égales aux hommes ? Les femmes doivent-elles toujours être activistes, être dans le faire, dans l’action, pour faire changer la société ou organiser toute une vie familliale ?

Ce principe très masculin et/ou féministe je l’ai porté longtemps. Il n’est plus de ma vérité aujourd’hui.

J’ai remarqué la sérénité que j’éprouvais quand je me laissais aller au vide, au rien, moi, qui suis-déjà tant dans l’action de par ma nature. Mais finalement est-ce vraiment ma nature de naissance d’etre dans cette action intempestive et fonceuse , ou etais-ce inculqué dans la société depuis la libération féministe ?

Je suis tellement sereine quand je me force à ne plus prendre les choses en main. Quand je m’abstiens de toute initiative auprès de celui qui partage ma vie. Quand je suis moins. Quand j’arrête de vouloir être en avant.

Quand simplement et lentement, je laisse murir les idées, au lieu de me cogner contre les murs du labyrinthe . Notre nature féminine, ne nous dit pas de moins agir, mais d’être plus douce, plus calme, plus introspective. Nous ne serons pas moins fortes, si on apprend à ralentir et se laisser faire. Le monde ne s’écroulera pas si l’on cesse de diriger.

Qu’il est bon de se laisser aller aux principes féminins, de création, de douceur, d’écoute, de contact, de lien avec la nature, les plantes, dans le respect de la terre et des autres. C’est cette femme là que je trouve aujourd’hui . C’est cette femme là qui me rend paisible.

Quand je n’y arrive pas et que mes conditoinnements reprennent le dessus, je l’observe et je me force a arreter. je me force tout de suite,immédiatement je baisse la voix. C’est un long travail. Je ne serais pas moins joyeuse ou moins vivante. Juste plus présente.

Cet aspect « sorcière » interprété par le féminisme et la puissance des femmes à changer le monde me dérange. J’ai peur qu’à trop vouloir faire du féminin une puissance, on ne soit plus femme. Que l’on soit complètement dans l’action.

Etre auprès des enfants et rigoler m’aide énormement à lâcher. Le yoga aussi à me poser. La marche , la natation. La conscience. L’absence de vouloir être quelqu’un. Juste être.

Sortons les jupes longues, et ralentissons nos mouvements. Soyons, à l’image de l’eau, comme dit Lao-Tseu. Soyons simplement tellement fluides, que l’on peut s’infiltrer partout même sous les portes…

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